Reprenons où nous en étions restés. Où était ce déjà ?
…
Ah oui, mercredi certainement.
Avant d’y revenir, j’apprécierai pour un court instant le moment présent. Il est presque 18h30, le soleil chauffe encore un peu, le vent souffle, assez fort pour donner la possibilité à un groupe de kite surfer d’en profiter sur une mer calme, comme toujours, dans la baie de melbourne. D’où nous sommes, on distingue uniquement leurs voiles, cachées par une avancée portuaire empruntée par quelques passants.
Au loin se dessine la ville, parqué de gratte ciel en bordure de mer, le ciel est bleu et aucun nuage n’est à craindre pour l’instant. Il y a aussi ce petit muret marquant une séparation entre la plage où nous nous sommes installés et une pelouse menant à la route. Les quelques groupes présents préfèrent l’herbe au sable fin. Il y a un couple de pré-amoureux qui se cherche depuis une dizaine de minutes, où bien ces deux jeunes filles qui se prennent en photo en pouffant.
Il y a aussi le bruit de la mer, derrière. Les mouettes rejoignent deux indiscret qui grignotent quelques gâteaux. Melbourne est une ville très agréable d’après ce que l’on en dit. Cela est assez vrai par rapport à ce que l’on a vu jusqu’à maintenant. Le temps est certes changeant mais il y a de l’espace, de grandes étendues vertes accessibles et de nombreux parcs. La population y est accueillante et chaleureuse. Les trams donnent accès à l’ensemble des quartiers de la ville et désengorgent le réseau routier, parfois chargé en heure de pointe, mais en général assez fluide. Le sport, très ancré dans la culture de la ville, est largement représenté, et touche tous les ages. En se baladant du côté du circuit de Formule 1, on a assisté ce début d’après midi à deux matchs de criquets, puis, en contournant le lac habité par les cygnes noirs, on a croisé plusieurs groupes faisant leur jogging.




Le rythme de vie est également complètement différent de ce que l’on connaît. Les gens se lèvent très tôt (voir trop), et dès 6h du matin, tout commence à s’agiter.
Ca y est, le couple s’embrasse enfin, on peut s’en aller.

On s’installe dans un café près de la plage, sur Fitzroy Street, à une cinquantaine de mètre environ. Chocolat chaud pour l’un, thé pour l’autre, et le bruit du tram grinçant. Un signal sonore indique aux piétons qu’ils peuvent traverser. C’est un son de pistolet laser suivi d’une rafale de pistolet mitrailleur, assez atypique, on se sent donc obligé de simuler une mort par balle à chaque fois que l’on traverse la rue avec johann.
Quatre jours, plus tôt, c’était le jour de notre déménagement. On avait rendez vous entre 10h et 12h, on est donc parti de chez Julie vers 12h30, avec la moitié de nos bagages sur le dos. Comme Melbourne, c’est pas encore tout à fait notre quartier, on prend le mauvais tram, en direction de High Street, on dois donc redescendre 500m plus loin, avec pour objectif de revenir au point de départ, St Kilda Road. Cela nous coûte dix minutes et un biceps. Ce coup ci, on demande et on attrape donc le bon tram, celui qui se dirige vers St Kilda Beach. On atteint Grey Stree, n° 51, Backpack Eildon Mansion, notre chez nous pour les sept prochains jours. Le backpack est tenu par Eddy et Dany, deux frangins dans la trentaine. Eddy est de taille moyenne, brun, cheveux assez court, petite houppette, bien portant. Il fait des efforts d’articulation quand il nous parle, et doit déjà nous apprendre les slangs locaux. Son frère Eddy, est plus grand malgré qu’il soit plus jeune. C’est le sérieux comme son frère le dit, celui qui doit certainement s’occuper des comptes. Comme notre chambre n’est pas encore disponible, on squattera ce soir une chambre de 4 où séjourne un australien depuis le mois de février. Les lieux sont propres et animés, l’ambiance semble bonne. On se pose rapidement puis on décide d’aller chercher le reste de nos affaires. La première conclusion qui nous vient : on a pris deux fois trop d’affaires !!! Je m’interroge sur l’utilité de la veste en cuir, de ma raquette de tennis et des cinq pantalons qui sont coincé au fond de la valise. Tant pis, on en laissera une partie chez Julie avant de reprendre le large. On passe aussi dans une agence d’intérim qui ne peut rien nous proposer d’intéressant, on reprend donc le tram en direction du backpack. Depuis ce matin, on a décidé de ne plus payer le tram, cela revient excessivement cher et le risque encouru est assez faible. On se change rapidement en arrivant, enfile les maillots, accroche la serviette autour du coup, et tongs au pieds, on part joyeusement en direction de la plage. Il est déjà 17h30 et les nuages viennent nous couvrir la tête au moment même ou nous posons le pied sur le sable. De toute façon, on est encore malade et risqué un bain de mer aujourd’hui vu la température de l’eau serait suicidaire.
Julie nous rejoins la première, elle rentre du boulot, en vélo, casque sur la tête (obligatoire ici). Céline la suit de près. On discute sans pouvoir profiter du couché de soleil, caché par les nuages. En revenant vers la ville, en guise d’apéritif, on goutte au glacier local, deux boules dans un cône pour 4$50. On passe aussi au supermarché, viandes saucisses et bières par pack de 6, un cubi de rouge pour Julie qui ne supporte plus la bière (ça fait grossir). Tout est en place pour le barbecue. Derrière les logements du backpack, on se retrouve donc avec quelques amis.
On rencontre pour l’occasion Nicolas et Hélène, deux autres français. Ils sont frères et sœurs. Lui a 22 ans, tendance rasta, avec des pattes de chat au coin des yeux quand il sourit, ce qui vous donne confiance instantanément. Il fait de la photo depuis un an et demi je crois, de l’argentique. Il développe tout sur diapositive, le rendu est plus nette et réaliste, on découvrira plus tard quelques un de ces clichés sur un site internet, le résultat est surprenant.
Sa sœur, Hélène, est un peu plus vieille. Elle a 25 ans il me semble, même si elle en fait 20 à peine. Elle est jolie et je ne sais pas pourquoi mais elle me rappelle Manue quand elle sourit. Son père est espagnol, c’est un début de réponse. Elle est arrivée en australie il y a un peu moins d’un mois, et aimerait écrire une thèse ici, rentrée universitaire en janvier 2007. En discutant, Nicolas nous propose un job, il travaille dans la rue pour collecter des dons pour le sida. Le salaire est raisonnable, 10$ de l’heure et 30% des dons reçus. Pour nous l’occasion est intéressante : en plus de travailler en plein air, cela nous permettrait d’avoir des contacts avec les gens et d’aider une cause. Les horaires ou shifts sont 11h30-14h30, 15h30-18h30, ce qui laisse la possibilité de sortir le soir. Demain matin, on rencontrera Alex, son manager.


La soirée se termine vers minuit et des poussières, trop fumé encore une fois, ça ne va pas aider à désenflammer la gorge. Jo, de son côté, tousse toujours autant.
En rentrant, Julie, qui a eu la main lourde sur le cubi de rouge a raté un trottoir et s’est éraflée le menton, coude et genou ; trois croûtes pour se souvenir de la soirée, très agréable.
Le lendemain, on se réveille à 9h30 pour rejoindre Nicolas à 11h15à l’intersection de Chapel Street et de Toorak Road, à environ 45 mn de marche. La rencontre avec Alex est assez breve, il parle assez vite mais articule bien, accentue certains mots, surtout le « but » et nous dit qu’il nous rappellera dans la soirée ou demain dans la matinée pour un cours et une mise en situation le samedi matin.
De retour au backpack, on fait la connaissance de Joe (diminutif de Jonhatan) et de Xavier, deux français qui vont reprendre notre chambre. Ils se sont rencontrés dans l’avion, n’ont pas vraiment les mêmes objectifs, mais vont partager la même pièce pour les prochaines nuits. Joe est d’une nature assez speed et stressée, cheveux long, 22 ans, il s’entend bien avec tout le monde, souvent un peu trop vite, et est assez envahissant. Xavier est plus discret, il est aussi plus âgé, il est venu en Australie en tant qu’élagueur (il réalise des coupes sur les arbres), son travail et sa passion. A 28 ans, il se rend compte qu’il désire voyager, il nous est sympathique dès les premiers contacts.
On attend que les deux frangins du backpack préparent notre chambre pour déménager. Ils se sont laissés aller sur la boisson la veille, et la gueule de bois du matin ralentit considérablement l’efficacité dans les travaux. Les quinze minutes initiales se transforment rapidement en une heure, puis deux, avant que l’on puisse transporter l’ensemble de nos affaires, dix mètre plus loin. L’après midi est alors sérieusement entamé, il doit être environ 16h lorsque l’on se décide à partir en ville. Un bref passage à la poste, on se procure des timbres et du coté de Johann, une carte pour son téléphone portable On a aussi acheter un tout petit carnet ridicule où l’on inscrira ce que l’on a prévu pour les journées.
Si je jette un œil à cette journée, je vois :
-Mails
- Voir pour location de voiture
- Rechercher adresses banques, Orange et Bouygues
- Acheter bouffe pour ce soir
- CV
- Blog
Il nous reste donc à voir les différentes agences de location de voitures disponibles dans le quartier. L’un d’entre eux attire notre attention, à 44$ la journée, ce serait parfait pour notre virée sur Philip Island ce dimanche.
Les courses sont faites dans la foulée, Jo est resté à la chambre se reposer, il ne récupère pas et sa toux le cloue au lit plus tôt que prévu. Après un repas en amoureux (cela fait maintenant deux semaines que nous vivons ensemble 24h/24, hormis les douches et les périodes aux toilettes), on passe plus de temps avec les gérants et les autres travellers restés à l’auberge. Enfin, on se remet un peu à parler anglais. Tout se termine vers minuit, jo continue alors son instruction à la guitare avant de se coucher sur une jolie quinte….de toux !
Le vendredi n’est pas bien productif non plus, on en a profité pour écrire les lettres de résiliation à Orange et Bouygues, et faire une demande de virement à notre banque respective. On valide au passage la location de la voiture, assurée pour 5 places, puis on part à pied vers St Kilda Road pour retrouver Poupoune et Thierry (enfin Thomas). On se fait une nouvelle coupe de cheveux, sabot ) 7mm, paré pour les quatre prochaines semaines.
On profite de la connexion internet pour faire une demande de Tax File Number (TFN pour les intimes) ce qui nous permettra de travailler légalement en Australie, ce qui est, entre parenthèse, assez rare dans la région. En fin d’après midi, on passe voir Alex, le manager de Nicolas, et peut être notre futur employeur. Il devait nous rappeler dans la journée mais on a pas eu de nouvelles de lui pour l’instant. On prend les vélos pour aller plus vite…
Aussitôt dit, on s’engouffre sur High Street, à fond les pédales, on parcours 500m à une vitesse vertigineuse d’au moins 20 voir 25 km/h et Johann crève lamentablement sa roue arrière (enfin, ce n’est pas de sa faute je dois l’avouer). Tant pis, on finira le trajet à pied, le vélo dans la main droite. Ca nous prendra une bonne demi-heure quand même, le long des magasins de la rue principale. Tout semble fermé lorsque l’on arrive, puis on arrive à voir Alex, cela prend deux minutes à peine, les choses se règlent vite ici, on commencera donc mardi, une photo, un passeport et un sourire suffisent.
Les vélos sont redéposés, on repasse au backpack, mange un morceau, paye la semaine, soit 262$ avec la caution pour les clefs, soit 1000frs tout rond. Sur la liste de la journée, deux lignes sont encore intactes :
- faire du sport
- Aller se poser sur la plage
Vu l’heure tardive, on décide de les reporter à un jour plus lointain. Thomas nous rejoins plus tard dans la soirée, li est déjà minuit et tout le monde commence à piquer du nez, on s’en retourne donc chacun de notre coté. Johann est fatigué, je jette un œil sur le guide de l’Australie pour prévoir une journée plus instructive pour le lendemain : visite du musée de Melbourne (culture aborigène, corps humain, etc), marché de victoria en fin d’après midi (on découvrira plus tard qu’il ferme à 15h) et repos sur la plage semble être un bon programme pour un samedi qui devrait être ensoleillé.
La lumière s’éteint et ne se rallumera que tard le lendemain matin, aux environ de 11h bien passé, proche de la demi. Petit dej’ copieux, on s’en va d’un pas décidé pour le musée. Sur le chemin, on croise St Kilda Road, et donc la collocation. On passe donc voir Thomas et Poupoune (les autres sont partis en Nouvelle Zélande pour deux semaines). Poupoune est au travail. Les 5 mn prévus au départ se transforment en une heure. Il est déjà 14h30 et l’on découvre que le marché ferme ses portes à 15h le samedi, ce qui élimine d’emblé le projet. Le ciel est magnifique aujourd’hui, et l’idée d’un musée s’évapore alors avec le dernier nuage visible.
Après une réflexion intensive, on se dirige vers le botanic garden, un immense jardin en plein air proposant au passant l’ensemble de la flore australienne. Les fleurs et les plantes sont magnifiques. De nombreux étangs jonchent le parcours, les arbres environnant offre un cadre agréable malgré la grosse chaleur du jour. Sur tous les nombreux espaces verts, des familles se sont installées et préparent le pique-nique du week-end. Tout cela reste très familial et détendu. On traverse lentement des allées en prenant soin de prendre un maximum de photos. On essayera tant bien que mal de se souvenir d’au moins un nom de fleur ou de plante. Finalement, mis à part les roses, l’eucalyptus, et le chêne local, rien ne me revient. On part ensuite dans le centre ville, repas rapide au Mac Do, puis retour par le tram de St Kilda Beach. A 18h30, nous sommes posés sur la plage, et je commence alors à écrire.











Je reprends ce soir, il est 1h35, on se lève dans un peu moins de 6h, je viens d’avoir mes parents au téléphone, jo est resté avec aurélie. On a passé la soirée avec une majorité de français, dont quelques personne du backpack et deux filles qui habitent sur Chapel Street avec qui on doit aller à Philip Island demain matin, Céline et Mélanie. Mélanie est en collocation avec Céline. D’une première impression, elle semble pédante et agaçante. Elle est un petit peu chanteuse, un petit peu musicienne, et un petit peu allumeuse. Mais elle est jolie… On la connaîtra mieux demain.
Plus tôt dans la soirée, j’ai discuté avec une australienne à la sortie d’un restaurant où je m’étais installé pour écrire. Elle était assise à la table d’à côté, parlait et riait assez fort. Elle partageait un verre de blanc et se préparait à commander. Elle m’a laissé sa carte de visite, elle a environ 35 ans et a un bon carnet d’adresses. Je dois la rappeler lundi pour du travail dans le coin, on ne sait jamais.