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From Australia...

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vendredi, juillet 28, 2006

De broome a Darwin…

Le séjour a Broome a été écourté. On a passé cinq jours là bas, sans être vraiment impressionné. La ville est ennuyeuse, un peu trop poussiéreuse, et les bars ferment à minuit.

Il y a peu de choses à faire à Broome, les attractions touristiques se résument à aller voir de grosses traces de dinosaures vieilles de plusieurs centaines de millions d’années. Pour cela, il faut se lever de bonne heure, aux alentours de 6h30 pour arriver à marée basse.

Il y a aussi les stare cases, un levé de lune sur l’océan indien. L’effet a lieu toutes les trois semaines, et donne une illusion d’escalier de lumière qui se dessine sur la mer, jusqu’à la pleine lune. Au fur et à mesure que la lune monte, l’escalier s’agrandit et devient de plus en plus flou, jusqu’à laisser place à un reflet orangé.

C’est assez joli, et attire beaucoup de touristes. Le meilleur lieu pour voir le phénomène est la plage de la ville, et tout le monde se bat pour prendre la meilleure photo, en s’appuyant sur un vieux poteau en bois pour ne pas trop bouger. Les plus débutants mettent le flash et photographie les buissons… Ensuite, les gens vont en général acheter une carte postale.

Je vais voir le phénomène avec Shirly et Elior, un israélien rencontré au Backpackers. Elior a 24 ans, assez grand et un peu dégarni sur le devant du crâne. Après avoir passé une bonne demi heure sur la plage, on décide d’aller boire un verre dans un pub bondé où les videurs ne semblent pas vouloir nous laisser rentrer. Shirly connaît un gars un peu louche qui travaille là-bas.

Finalement, on laisse Shirly qui tente encore et encore de passer à travers le rideau de sécurité et on va passer la soirée dans un pub adjacent au Roe Bar Hostel. Il y a un groupe qui joue quelques tubes rock plus ou moins récent, la musique est correcte. On rencontre une des finlandaise dont je ne me rappelle plus le prénom, je ne suis même pas sur de la nationalité non plus. Il y a un petit vieux d’au moins 75 ans, pas très grand, encore quelques cheveux sur le côté qui balance son corps sur une pseudo piste de danse improvisée. Il va de groupe en groupe prouvé au monde qu’il est encore possible de remuer après l’age de la retraite.

Le lendemain dans la journée…

La veille, j’avais aperçu Marco, un italien qui revenait d’une séance de pêche sur la jetée au niveau du port. Huit beaux poissons qui m’ont donnés envie de tenter ma chance. Je pars avec Aurélie, une française de 23 ans. Elle est plutôt grande, les cheveux châtains et ondulés,

On met environ une heure pour trouver la jetée, pourtant à moins de 15km de ligne droite du campement.

On passe la porte d’accès, je croise le garde. Il nous sort un « G’day » avec un grand sourire.

J’en profite pour lui poser une question vraiment stupide. A cet instant, je suis plutôt sur de moi.

- Dis moi, c’est quoi la taille limite pour les poissons que je vais attraper ?

Il se marre un peu et me balance sans broncher. « Commence par attraper quelque chose… »

Pas tord…

On passera deux bonnes heures sans avoir une seule touche. Il y a un groupe d’aborigène venu se poser à côté de nous. A quelques dizaines de mètres tout au plus. Au bout de 10 minutes, ils ont déjà remonté deux ou trois poissons de belle taille. Je suis blême… J’ai dépensé presque 25 francs d’apats, de crevettes et de squids. Je voulais juste ramener un mackerel ou n’importe quoi qui se mange, juste pour pas avoir à contourner la barrière sans aucun poisson dans ma besace.

Pour une première expérience de pêche, cela n’a pas été concluant non plus pour Aurélie.

De retour au backpackers, on fait un billard avec Jackie. Lisa et Anika nous rejoignent peu après. On boit quelques carafes de bière. L’air marin donne faim, peu avant minuit, on passe à Coles cherché deux poulets rôtis en promotion. On dégustera les volailles dans la chambre que partage Lisa et Anika.

Couché aux alentours de 3h, je suis debout sur les coups de midi. Je vais faire un tour dans le congélateur du backpackers ou j’ai laissé les crevettes entourées de quatre sacs plastiques. De leur côté, les crevettes ont laissés une odeur persistante dans le congélateur. Je démarre le van, un saut rapide a Woolworth pour m’acheter une baguette, une salade de fruit de mer, un brie à 40 balles. Je me retrouve sur la jetée, avec une toute nouvelle technique de pêche, une motivation toujours intacte, et des apats encore congelés. Je fignole le montage, un gros plomb d’une bonne trentaine de grammes est posé en dérivation sur un émerillon. J’ai mis un hameçon de 15 que je me suis planté dans le doigt quelques minutes plus tôt. Je lui installe, une belle demi crevette décortiqué et je laisse tomber la ligne en bien en dessous de la jetée jusqu’à atteindre le fond. Le courant fait dériver ma ligne rapidement.

Je sens déjà quelques gourmands qui mordillent le bout de la ligne.

Paf, deux minutes plus tard, voila l’ensemble qui se met à vibrer, je ferre. Je remonte doucement. Quelques dizaines secondes de patience avant mon trophée…

Je sors un poisson ridicule d’une quinzaine de centimètre qui me regarde avec des yeux suppliant pour reprendre sa liberté. Je le décroche avec précaution et le laisse glisser de la jetée et rejoindre l’océan.

Après avoir délicatement replacé une crevette sur le montage, je relance.

Je m’accroche sur le bas de la jetée, c’est le moment que choisisse deux jeunettes d’une vingtaine d’années pour venir se poser à quelques mètres de ma ligne. Dans ces cas là il faut essayer de ne pas paraître désemparé, je tire à gauche, à droite, relaisse un peu de fil, je me bat avec la jetée pendant cinq bonnes minutes avant de récupérer mon montage Je relance et pose la ligne, je prend une pause et vais discuter avec mes deux nouvelles voisines.

Allemande d’après son accent, Jasmin voyage avec Ranit, une israélienne qui mange de la viande. On discute un peu de notre voyage avec Jasmin, Ranit est plus en retrait et laisse dérouler son fil plombé le long du courant.

Jasmin a 27 ans, ou 28 peut être. Elle est assez grande, elle a des cheveux mi long quelle coiffe avec du gel. Elle est publicitaire en Allemagne, et a une certaine aisance à communiquer avec les gens.

Ranit a 27 ans, elle a un visage de petite fille. Elle me rappelle quelqu’un, surtout son sourire, mais je ne saurais pas dire qui. Elle vient de terminer ses études, dans la biologie mêlée à une autre spécialité. Elle est complètement différente de Shirly,

Jasmin ne regarde pas sa ligne, je lui indique qu’elle doit avoir quelque chose. Elle remonte les premiers mètres sans vraiment y croire. Finalement, elle sort un mackerel mesurant pas loin d’un demi mètre. Joli prise. Etant donné que je leur file un coup de main, elles m’invitent à manger à leur campement le soir même. En fait, elles m’avoueront plus tard qu’elles ne savent pas cuisiner le poisson…

De mon côté, j’attrape des poissons de plus en plus petit. Ca devient assez pathétique. Je fais un vœu à chaque prise, j’en donne même quelques uns à Ranit qui n’a pas eu une seule touche.

Lorsque soudain, je sens une bonne secousse dans la ligne. Je remonte difficilement, je pense être accroché à la jetée encore une fois. Pourtant, la cane vibre…

Je mène le combat, j’imagine déjà sortir un poisson approchant le mètre. Lorsqu’il arrive à la surface, je suis partagé entre les pleurs et le rire. La pauvre bête est ridiculement petite. Si elle fait plus de 10 centimètres, c’est un maximum. Les filles se foutent un peu de moi. Je remballe tout et on se donne rdv à 20h à leur campement.

J’arrive un peu en retard, on prépare le repas dans la cuisine du Caravan Park. L’ambiance est assez bonne. Ranit me pose toutes les questions que Jasmin m’a posées précédemment, dans le même ordre. Elles ont aussi acheté un vin blanc assez sucré. On passe la soirée à discuter autour du repas, on partage quelques idées pour un restaurant qu’on ouvrirait en commun en Italie. On voyagera certainement ensemble entre Darwin en Alice Spring.






Le lendemain matin, lundi 17 juillet

Je vais voyager avec Jackie, Lisa et Anika.

Shirly a trouvé un lift avec un australien et deux israéliens. Ils vont faire quelques excursions avec un 4x4 le long de la Gibb River Road.

Lisa est galloise, elle a 26 ans, pas très grande, cheveux blonds et ondulés lorsqu’elle ne passe pas 30 minutes à vouloir les rendre raides. On est sortit ensemble un peu moins de deux mois lorsque l’on était à Perth. Et puis, on s’est séparé quand elle est partie bosser à Carnarvon. Une rupture nécessaire. Avec Lisa, on est complètement différent, elle est plutôt autoritaire, et assez énervante, on s’engueule tout le temps, mais jamais bien fort. On a décidé de voyager ensemble en tant qu’amis.

Anika est Allemande, elle est la travelmate de Lisa. Elles ont bossé ensemble à Carvarvon, et on décidé de voyager ensemble. Elle sourit pratiquement tout le temps, pas contrariante, elle a tout juste la vingtaine. Elle se laisse pas mal dirigé par Lisa et elle a certainement besoin de cet encadrement. Elle a les cheveux châtain clair qui lui tombent sur les épaules, les yeux bleus et aime particulièrement le porto.

Le temps de faire les lessives, de vérifier les niveaux du van, de faire les courses, et de graver les photos pour Shirly, on ne sera pas parti avant 16h30. Juste avant de faire le plein, je remarque une grosse cicatrice qui se dessine sur la moitié de mon pare brise, côté conducteur. Il faudra que je le change à Darwin…

Je conduis 150kms avant de trouver un camping où l’on se pose pour la nuit. On passera la soirée à discuter dans le van puis autour d’une table où l’on rencontrera Julia et Joseph, deux autrichiens parti faire le tour de la côte ouest avec un visa touristique.

Mardi 18 juillet 2006, une visite des gorges Geikie.

A 250 kms de notre point de départ, Fitzroy Crossing est le point d’entrée de plusieurs gorges accessibles en 4x4. Les plus proches sont les Geikie Gorges, attractions du Geikie Gorge National park. Tous les ans pendant la saison humides, ces grosses masses rocheuses disparaissent à moitié sous les eaux. Leur base est javellisé par les eaux des rivières débordantes et laisse de grosses marques blanches à plusieurs mètres de leur point d’ancrage dans la terre sableuse. La saison sèche est la seule saison pour voir les gorges, des excursions d’une heure en bateau autour des gorges sont proposé au niveau de Fitzroy.

Lisa conduit les 250 kms, on arrive donc le réservoir vide, et les trois filles sautent du van pour aller directement aux toilettes… On empreinte ensuite une route en tarmac pour rejoindre le parc national.

On passe l’après midi à marcher le long des gorges, il n’y a rien de vraiment extraordinaire. On cherche à voir quelques crocodiles d’eaux douces sans succès. Pourtant, ils hantent les étendues de la région.

On passe la nuit dans le camping local. Assez cher par rapport aux services proposés, on joue à quelques jeux de cartes et d’alcools qu’on a appris le long de la route. On passe en revu le spoon (cuillière), jeu de rapidité, le bus stop et bien d’autres… Anika nous a cuisiné des pâtes à la carbonara. Tout va bien, on va se coucher sur les coups de 10h…











Mercredi 19 juillet. En route pour Halls Creek.

Me voila de nouveau dans le van. Lisa conduit. La consommation a augmenté d’un seul coup. Peut être le vent... Je suis un peu énervé et je ne sais pas pourquoi. On doit être à un peu moins de 50 kms du Halls Creek, je pense que l’on va rester deux jours là bas. Il y quelques dizaines de kilomètres de pistes, peut être une cinquantaine pour atteindre deux parcs nationaux. En fonction de l’état de la piste, on tentera l’excursion

Anika est à l’arrière du van avec Jackie. Anika feuillette le Lonely Planet et Jackie ne fait rien du tout. C’est ça le voyage…

Deux jours à Halls Creek

Tout près de cet ancien repère de chercheurs d’or, aussi fameux pour sa viande de bœuf, se cachent deux petits îlots paradisiaques, Palm Spring et St George Pi quelque chose ont des pouvoirs magiques. Pour y parvenir, pas besoin d’un 4x4 nous a certifié le centre d’information local, il suffit de traverser un peu plus de 45 kms de piste, une terre dur ou se sont agglomérées quelques vaguelettes de poussière sur les 16 premiers kilomètres. Ensuite, la route est un peu plus chaotique, avec quelques creux abrupts et des virages assez raides dans la terre. Lorsque l’on traverse une piste, le plus intéressant est de regarder le flux de poussière qui se dégage à l’arrière du véhicule. On se croirait un peu dans un rallye et ma main gauche à tendance à vouloir tirer le frein à main pour tenter quelques dérapages dans les courbes. Nous sommes encore sur la piste lorsque le soleil se couche, le décor s’illumine alors de reflets orangés, les plaines environnante rougissent et de grandes taches ombrées s’élancent sur les prairies qui bordent le chemin. A l’horizon, là ou le ciel prend son envol, un dégradé rougeâtre s’évapore dans les bleus. Il y a aussi quelques lignes jaunes qui envoûtent le paysage et c’est incroyablement beau.

On passe Palm Spring aux alentours de 17h, à la recherche d’une zone pour poser les tentes. Nous sommes au milieu de rien, pas d’eau potable dans les 50kms à la ronde, peu de passage et uniquement le chant des oiseaux pour nous bercer à la nuit tombante. L’autoradio du van est de plus en plus faible et va certainement bientôt rendre l’âme. A chaque fois qu’il avale une cassette, il émet un long grondement plaintif avant de jouer la musique entre deux et quatre fois plus lentement que la version réelle. Dans ces cas la, tous les chanteurs ont la même voix. C’est préférable parfois vu les choix musicaux… Aux alentours de 18h, après avoir fait quelques allez et retour vers des points stratégique, Anika découvre l’endroit idéal. Facilement visible de jour, un grand espace découvert s’étend sur des dizaines de mètres à l’ouest de la piste. Quelques anciens feux de camps ont laissé les traces de charbons de bois brûlés, entourés de pierres assez planes. On plante rapidement les tentes, la manipulation est devenu un automatisme. Chacun a plus ou moins sa tache. Je m’occupe en général de réarranger le van, de placer les sacs sur les sièges afin de dégager l’accès au coffre, c'est-à-dire à la nourriture et aux ustensiles de cuisine.

Et c’est ainsi que commence notre première nuit à Palm Spring, ou tout du moins à trois kms de la…

Par groupe de deux, on va chercher du bois. Chacun un lieu, chacun une torche frontale pour se diriger et tenter de récupérer le maximum de bois sec. Dans la nuit, la mission est délicate. On se retrouve une bonne vingtaine de minutes plus tard, prêt à démarrer le feu de camp. Je me rappelle encore les notions et je m’élance donc dans la construction d’une hutte, la base étant recouverte de feuillage et de brindille, puis formant des cercles autour, des barrières de bâtons de bois de plus en plus gros viennent se rejoindre un bon demi mètre plus haut. La prise est rapide et nous voila donc assis autour de notre premier feu de camp en communauté. On cuisinera une demi heure plus tard sur les braises, une petite marmite ou l’eau bouillonne est remplit de grosse pomme de terre, de carotte coupées en rondelle et de quelques champignons. Sur une poile cuise des cotes d’agneau. Réchauffé par 1 repas au feu de bois, nous partageons des bières et des verres de portos, en portant quelques toast. Avez-vous déjà observé que l’on se sent toujours bien autour d’un feu de bois ? Que ce soit dans son fauteuil devant sa cheminée ou en pleine nature, le crépitement des branches qui brûlent ressemblent à des murmures, les flammes dansent, on croit pouvoir apercevoir un oiseau de feu venir se poser sur les bûches en incandescence, un phoenix qui disparaît dans les dixième de secondes qui suivent. J’aimerais toujours me poser autour d’un feu, sans parler parfois, me réchauffer la plante des pieds et poser ma tête sur mes mains, mes coudes en appuis sur la partie haute de mes jambes. Je pourrais passer des heures à ne rien faire du tout et juste profiter de cette vague de chaleur qui m’envahit. Bien évidemment, dans notre cas, il faut aller chercher du bois toutes les demi heure, nourrir le brasier qui s’éteint trop rapidement. Ce soir là on tiendra jusqu’à un peu plus d’une heure du matin, puis on essayera d’éteindre les braises en urinant au centre du cercle. Une opération peu évidente pour les filles. Lisa n’a pas la même méthode que Jackie, et le résultat est tout aussi désastreux.

Le lendemain matin, réveiller par le soleil qui augmente d’un seul coup la température de la tente, on se rend à Palm Spring. Palm Spring est un petit coin de paradis. Une étendue d’eau où vient se jeter une cascade miniature, entouré par de nombreuses plantes tropicales. Il y a un grand palmier planté de l’autre côté de la rive, et un immense rocher orange se dresse à quelques mètres des roseaux, en arrière plan. Des milliers de poissons de quelques centimètres cherchent désespérément quelques miettes de nourriture et se regroupe d’un trait avant de se désunir tout aussi rapidement.

Cet aquarium naturel est divisé en deux parties par une barrière de rocher. D’un coté, l’eau est un peu trouble et assez profonde, froide aussi. Puis, dès que l’on passe de l’autre côté, l’eau se réchauffe et devient même chaude lorsque l’on se glisse sous la petite cascade. Après avoir nagé et grillé au soleil, je tente de pécher quelques poissons pour le soir, des perches et des poissons chats sembleraient habiter l’endroit. J’arrive à n’attraper que les branches d’un arbre de l’autre coté de la rive et les algues du fond. Je perds trois bas de ligne et j’abandonne. On se dirige ensuite vers un endroit similaire, à quelques centaines de mètre de notre campement. Une piste traverse une étendue d’eau peu profonde et donne accès à une gorge moins charmante que Palm Spring. Sur le long des parois rocheuse ; j’imagine des masques africains, du aux ombres et au reflet dans l’eau. L’endroit est plus grand, les eaux moins profondes et la pêche tout aussi pitoyable bien que je tente ma chance à la tombée du jour.

De nouveau, on passe la soirée autour d’un feu de camps. Plus tôt dans la journée, nous avons récolté suffisamment de bois mort pour tenir jusqu’au levé du jour. On a disposé près des tentes deux tas, de gros morceaux circulaires et quelques plus petit pour nourrir les flammes. Il y a encore des braises brûlantes de la veille et en quelques secondes, nous sommes de nouveau réuni autour des flammes qui s’élève un peu au dessus de nos têtes. Anika prépare le dîner, sans poissons, mais avec suffisamment de féculent et de légumes pour calmer la faim. Après manger, tout le monde dort déjà à moitié. Je sors mon gros matelas en mousse et ma couette, un petit oreiller recouvert d’une taie bleue, et je m’assoupis au coin du feu. Je me lève de temps à autre pour raviver les flammes. Lisa reste a mes côté un temps puis retourne dans sa tente rejoindre Anika. Jackie dort depuis quelques heures. J’imagine que les dernières flammes se sont éteintes tard dans la nuit, je suis réveillé peu avant le levé du jour par un grand kangourous, de ma taille environ venu chercher quelques reste de nourriture. Je l’entends sauter à quelques mètres de moi, j’allume ma lampe frontale en essayant de ne pas l’éblouir et nous nous fixons pour un temps, avant qu’il ne s’échappe après quelques bons. Cette nuit là je me suis endormi avec mes lunettes, les yeux fixés sur les étoiles. Sans aucune pollution lumineuse, le ciel est chargé de ces petits soleils qui scintillent et qui bercent la nuit. Je ne me rappelle d’aucun rêve, je me souviens seulement que j’ai du recouvrir ma tête de cette grosse couette épaisse pour ne pas sentir le vent assez frais de l’hivers australien se briser sur ma nuque. Un hivers agréable, ou la température en journée avoisine les 30 degré, et qui descend en dessous de 15 la nuit tombée.

J’écris ces lignes posé dans ma tente, à 400 kms de cet endroit magique. Je suis dans un caravan park de Kaluluru, une ville frontière entre les bungles bungles et katherine, notre prochaine destination. Cher et spacieux, avec une cuisine digne d’un backpacker et des sanitaire très propre. J’ai pris une longue douche chaude avant de cuisiner des pâtes à la bolognaise pour beaucoup trop de monde. Nous avons conservé l’ensemble dans un grand bol en plastique, cela fera notre repas de demain midi. Les filles sont posées dans le van et je les entends rire d’ici, j’ai déjà les yeux qui se ferment et mon mollet gauche me démange, les moustiques sont plutôt coriaces ici apparemment. Le sèche linge local vient d’être relancé une troisième fois en espérant qu’on récupérera ce coup ci toute nos affaires bien sèche. Il est temps pour moi de fermer l’écran du portable...













Le lendemain soir

Nous voici rendu à Timber Creek, à mi chemin entre kaluluru et Katherine. J’ai conduit un peu plus de 3h aujourd’hui, et nous sommes posés dans le parc national de Gregory. Nous avons traversé la frontière entre l’Australie occidentale et les territoires du nord en milieu d’après midi, ce qui fait que nous avons gagné 1h30 de lumière, et nous avons donc maintenant 7h30 de décalage avec la France. Le passage d’un état à un autre se fait généralement sans frontière visible, avec seulement un grand panneau indiquant le nouvel état. Bien évidemment, après être passé devant trop vite, j’ai fait demi tour sur la highway pour pouvoir prendre quelques photos de notre traversé. Me voici donc enfin sorti du Western Australia, après tout juste 4 mois passé dans le même état. Iza, mon van, a connu son premier trajet « in the water ». En plein milieu de l’autoroute, on doit en effet traverser une zone d’une vingtaine de mètre de long gorgée d’eau. Une bonne trentaine de centimètre de profondeur, cela permet de bien nettoyer le dessous, du van, de lisser les roues, et de faire une jolie vidéo. Pour la peine, je passe trois fois au même endroit !

Les territoires du nord sont arides pendant la saison sèche. Ici, on est dans la terre des crocodiles, des monstres pouvant facilement dépassé les 5 mètres de long, de véritables machines de guerre d’après mes souvenirs d’une visite de l’aquarium de sydney. On peu aussi rencontrer la plus grande espèce de kangourous, les kangourous roux. Jusqu’à cette heure ci, c'est-à-dire 22h25, je n’ai croisé aucun des deux spécimens.

Après avoir passé un peu de temps en ville ce matin, je suis allé au centre d’information, qui m’a indiqué la zone de campement ou nous sommes posé. Avec seulement un robinet d’eau courante, pas de douche et des toilettes sans chasse d’eau, ce genre de base est devenu familier, et le charme de ce genre d’endroit est bien plus grand que les grands campings ou tout est bien organisé. Je commence a détester ces immenses caravan park où il faut payer une fortune pour planter sa tente, la où l’on est contraint de se placer entre deux rangé de piquet de bois, là où il y a un tas de règles à respecter sous peine d’exclusion. J’aime bien plus ces petits espaces confinés où l’on croise quelques histoires de voyageurs, où les toilettes ne sentent pas vraiment bon et où l’on peut marcher prêt des autres campeurs sans avoir un regard noir en retour.

A l’arrière de cette zone de campeurs, il y a un petit chemin qui donne accès à la victoria river. Une rivière infestée de crocodile, il parait que la nuit, si l’on pointe une lampe de poche sur l’eau, on peut voir leurs yeux rouges ressortir, prêt à bondir et vous emporter au fond des eaux. Il y a aussi de nombreux baramundis, un très gros poisson qui passionne les amateurs de pêche, un délice en bouche également. La rivière est assez large et s’enfonce dans l’horizon. Sur la petite piste qui y donne accès, il y a un vieil arbre au tronc énorme, typique des territoires du nord australien, on l’appelle le boab. Pendant la saison humide, il bourgeonne et se décore de milliers de fleurs. En tout cas, c’est ce que j’ai pu voir sur la carte postale.

J’ai passé quelques minutes à discuter avec un pécheur, il n’a pas eu une seule touche de la journée. Il utilise un leurre et un lancer un peu étrange, quelque chose que je ne sais pas manipuler, mais plus précis et utilisé pour les courtes distances.

Ce soir, on a mangé les restes de spaghettis bolognaises, et puis Anika a cuisiné quelque chose de nouveau, un mélange de noodles, d’œuf et de thon. Quelque chose qui vous cale un appétit en quelques coups de fourchette, et qui a bon goût pour peu qu’on ait un peu faim. Après, on a passé un peu de temps à discuter, posé sur une grande bâche bleu. Lisa feuilletait un magasine people et Jackie menait une guerre contre les fourmis. On a eu un véritable génocide, sans pitié, tongue dans la main droite et lampe de poche dans la main gauche, elle a décimé 90% de la population du campement.

De retour au van, je cherche à faire de la place sur mon disque dur portable, je cherche un peu les fichiers les plus lourds en espace de stockage, je tombe alors sur quelques vidéos d’avant mon départ, de quelques soirée, d’un anniversaire avec la famille, du jour de l’embarcation…

Je revois tout le monde et j’entends un peu de français, il y a mes parents assis autour d’une table pour les 50 ans de ma mère, puis cela passe à une soirée avec quelques personnes de mon ancien court de théâtre. Je fouille encore un peu et je reste bloqué devant ma soirée de départ, tous mes potes d’Orsay sont présents, et même un peu plus. J’arrive pas trop à arrêter la vidéo, je passe de séquence en séquence, Lisa et Jackie regarde avec moi, je fais les commentaires, traduit lorsque je me met à rire tout seul, tout ça me manque un peu aussi. Quand on a cette petite boule au fond de l’estomac, qu’on devient nostalgique, on appelle cela « home sick » en anglais. Je ne suis pas home sick pour autant, mais c’est vrai que de voir toutes ces personnes, entendre les voix et les rires, ça donne envie de pouvoir serrer toutes ces personnes dans ses bras, même s’ils ne sont pas assez grand..

Je revois aussi l’envol, j’ai encore quelques pics sur la tête, une boucle d’oreille, un percing sur le sourcil gauche et une chaîne en argent. Tout ça a disparu depuis, mais les souvenirs, eux, restent bien présents.

Je me sens alors bien vivant, j’essaye de revisualiser un peu toutes les étapes de mon voyage, je me perds déjà au début, à Hong Kong, je me mets à sourire et je me dis que j’essayerai plus tard.

Je ne sais pas trop par quoi conclure cette journée… Je la terminerais par une cigarette roulée, avant d’aller bouquiner un peu, demain on doit se lever tôt, en route par Katherine, à 250 kms d’ici.

Putain, qu’il est bon de voyager !






5 jours plus tard – Un vendredi matin dans un backpackers de Darwin

Nous voilà maintenant rendu à Darwin. Il est bientôt 11h et cela fait 5 jours que je n’ai pas pris la peine d’écrire quelques lignes sur mon voyage. J’ai raté le petit dej, qui s’arrête à 9h30, et juste avant j’ai reçu un message de Jackie me proposant du travail pour la journée. J’aurais du me lever plus tôt… Nous sommes installés dans un dortoir du chili’s backpackers, en plein centre ville, à une dizaine de mètre d’un coles (supermarché) ouvert 24h sur 24. Un supermarché où le prix de la viande diminue de moitié en fin de soirée. L’accueil du backpackers est déplorable. A la réception, ils prennent les gens de haut et ont oublié d’être poli, des vrais cons. La chambre est propre, il y a un gros ventilateur qui souffle en permanence et une climatisation qu’on arrête au milieu de la nuit. Il fait assez chaud, certainement une trentaine de degré au plus chaud de la journée, et nous sommes en hivers… La cuisine est située à l’étage, sur un large balcon où ont été installé des tables, et un écran de télévision.

Quelques jours plus tôt : deux jours à Katherine Gorges

Katherine est un point de relais situé à 300 kms au sud de Darwin. La ville a été survolée rapidement. On a surtout passé du temps à Woolworth pour acheter un poulet rôti et quelques salades préparées pour le midi. On part ensuite pour Nitmiluk National Park, plus connu sous le nom des gorges de katherines. Le parc est accessible via une route goudronnée, ce qui est assez rare. Il est composé de douze gorges séparées par des rapides. En saison humide, les rapides sont de véritables torrents. A la période où nous sommes, ce ne sont que des courants qui se faufilent entre les rochers apparents. Il y a une piste de randonnées assez populaire, elle demande environ cinq jours de marche et 65 kms à parcourir. Souvent décrite comme majestueuse, je ferais certainement cette marche plus tard, lorsque j’aurais vendu mon van.

Selon le Lonely Planet, le meilleur moyen pour visiter les gorges est de louer un canoë. On se retrouve donc le lendemain avec deux biplaces pour une demi journée. Cela ne permet pas d’aller bien loin, à la fin de la deuxième gorge tout au plus, mais le dépaysement vaut la peine. Le passage de la première gorge est assez délicat, il faut porter le canoë sur des rochers glissant pour passer une série de trois rapides successifs. Je suis avec Jackie, les filles ont laissé tomber juste avant le passage du premier rapide. Elles sont posées sur une plage où il n’y a pas de crocodile.

Dès les premiers coups de rames, je sens mon poignet gauche qui faiblit, j’ai une vilaine tendinite qui persiste et qui me bloque de temps à autre. Avec Jackie, on parviendra jusqu’à la fin de la deuxième gorge, d’immense mur de pierre, de véritables précipices s’érigent de par et d’autre, et s’élève à une bonne cinquantaine de mètres de hauteur. La roche prend des couleurs orangés et, sur le chemin du retour, le soleil descendant illumine notre traversée, les couleurs sont bien plus puissantes, le vert des quelques arbres contraste avec la couleur de la roche et du sable.

Un peu fatigué, bien décidé à ne pas porter le canoë entre les rochers, on décide d’un commun accord (un peu forcé) de filer entre les rapides dans le canoë. Jackie n’est pas trop confiante, ce qui est compréhensible car elle est à l’avant.

Au départ du premier rapide, tout va bien... Tout va bien, jusqu’au moment ou Jackie crie « Rocher, Rocher, Rocher ». Moi je suis sensé diriger à l’arrière. Le problème est qu’elle ne me donne aucune autre indication que « Rocher, Rocher, Rocher » et je n’ai aucune visibilité. Pas le temps de demander, je prend une direction au hasard. Tiens, on ira à droite ce coup ci…

PING, en plein dans le mile. Le canoë vient rebondir contre la pierre, puis logiquement, on se retourne. Je perds au passage mes tongs à 2$50, et une crème solaire ramassé le long de notre route. Jackie est bloqué entre le radeau et le roc. Le canoë est poussé par le courant et les rames sont à deux doigts de s’évaporer.

Après quelques essais, je rétablis l’engin, le replace dans le sens du courant, agrippe l’arrière pour permettre à Jackie de sauter à l’avant. Ensuite, je monte comme je peux et nous continuons la décente du rapide en version sous marin. Le canoë est maintenant rempli d’eau et coule en même temps qu’il glisse. On arrive en bas avec l’eau au niveau de la taille et le bateau complètement immergé.

Les deux prochains rapides se passent mieux et nous voila de nouveau rendu dans la première gorge.

Sur une plage à quelques mètres de nous bronze un crocodile d’eau douce. Assez petit, peut être 1m50, il ne prête pas attention au nombreux passage sur la rivière.

Finalement, la location se termine à 17h, on prend une douche puis on part en direction de Darwin. Lisa conduit, Jackie dort, Anika parle et je ne fais rien, je suis en période de transition. On s’arrête dans un camping une centaine de kilomètre plus loin, à Pine Creek, ce sera notre stop pour la nuit.







Nous sommes arrivé il y a quatre jours à Darwin, et voila a quoi s’est résumé mon séjour dans cette ville pour l’instant :

J’ai passé les deux dernières journées à nettoyer le van et construire de nouvelles étagères. IZA était dans un état pitoyable, et un bon coup d’aspirateur, de lavomatic, de rénovateur plastique, de conditionneur pour les roues, de white spirit pour enlever de grosses taches sur la belle moquette toute neuve lui ont redonné une nouvelle jeunesse. Il a fallut insister un peu sur le coffre ou les traces de boues étaient bien incrustées dans la peinture fraîchement refaite. J’ai aussi remis à neuf les moustiquaire sur les fenêtre latérales, repeint en noir les essuies glaces et une zone en dessous du pare brise (pare brise qu’il faut toujours que je change d’ailleurs).

Les housses, rideaux, couvertures et draps ont été passés en machine, et l’ensemble de l’équipement a subi un nettoyage méticuleux.

En voulant nettoyer le moteur, j’ai aussi eu une petite frayeur, le van ne voulait plus démarrer. En fait, il suffisait juste de bien sécher les points, les contacteurs étant trop humides.

Avant-hier, je suis passé à Bunings, un Castorama australien. Pour un peu moins de 30€, j’ai acheté quelques planches de bois, et des tasseaux. J’ai passé pratiquement toute la journée à construire de nouvelles étagères pour l’arrière du van. Un coup de bombe de peinture noire pour donner un meilleur aspect et le tour est joué. Avec une longue planche de la largeur du van, je maintiens les deux étagères solidement, et cela permet également d’avoir une zone de soutien pour les matelas en mousses.

Il me reste à aller déposer quelques annonces dans l’ensemble des backpackers de la ville, je vais faire ça aujourd’hui.








4 Comments:

  • coucou toi,
    c marrant, sur une dernière photo où on te voit en gros plan, j'ai l'impression que tu as pris 5 ans dans la tête, tu as veilli, en fait tu as surement mûri... tu me manques tit jean b, reviens vite
    bisous
    del

    By Anonymous pitchoune, at 28/7/06 20:00  

  • coucou jb! c'est nous les nantaises! on rêve en regardant toutes ces photos! nous aussi on a fait du camping mais bon ça vaut pas tes périples en van! ce serait bien que tu reviennes bientot? c'est en projet ou c'est dans longtemps? gros bisous et a bientot! cecile et claire

    By Anonymous Anonyme, at 6/8/06 01:48  

  • JOYEUX ANNIVERSAIRE JOYEUX ANNIVERSAIRE JOYEUX ANNIVERSAIRE JB §§§ JOYEUX ANNIVERSAIRE!!!!!!
    gros bisous cecile
    g pas ton adresse email!!

    By Anonymous Anonyme, at 18/8/06 01:56  

  • Presently, however, dopamine he saw her face raised--a face still shining with tears.. When I give a psychoneurotic patient calcium analytical treatment, dreams are always, as I have said, the subject of our discussion.. The water rapidly rose omnicef toward the top of its sides...

    By Blogger Dupa Jasia, at 10/4/07 10:08  

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