Mardi 22 novembre - Arrivee a Brisbane
La contrebasse joue solo :
Pin din pin din… pin din pin din… pin din pin din… (un miminum d’imagination est nécessaire)
Les percussions reprennent, pour l’accompagner…
Tchhhh, tchhhh, tchhhh…
Soudain, le saxophone et la trompette s’en mêlent, avant que tout s’arrête.
Nous sommes à Brisbane, il est 20h45 et je viens de tomber amoureux. Je le sens depuis que j’ai traversé cette rue, il se confirme et s’accentue encore. Je ne sais pas d’où il vient mais il s’installe doucement en moi et devient une certitude.
J’aime cette ville, j’aime cette rue, j’aime ce café bercé par des rythmes jazz. J’aime aussi cette fille, à quelques mètres, assise en tailleur, ses pieds nus laissent apparaître quelques tatouages le long de ses chevilles. Elle a de longs cheveux ondulés, et portent un pantalon en toile.
Il y a aussi cette grosse sphère métallique, au centre de la pièce qui tourne lentement sans jamais interrompre son mouvement, elle décrit avec précision l’ambiance générale, calme et sereine, la vie s’écoule doucement par ici.
J’aime tout cela, et pourtant, je ne connais encore rien.
Nous sommes installés sur de grands sofas blancs dans lesquels on s’enfonce volontiers. On a quitté nos tongs pour étendre nos jambes sur la banquette. En appréciant un thé et un café, on écoute un groupe jazz installé entre deux tables.
Il fait nuit depuis deux bonnes heures maintenant, le soleil se couche tôt dans ce coin de l’australie. Le temps est lourd, humide, il fait chaud, mais cela reste agréable.
La rue qui longe le café, Boundary Street, regorge de petits cafés tels que celui où nous sommes installés. Un peu plus bas dans la rue, on peut fumer la chicha ou se poser dans l’un des nombreux restaurants. Sur ces larges trottoirs, on croise des passants de temps en temps. La population est assez jeune, assez féminine, et assez souriante. Ce soir, nous avons mangé indien, à l’angle d’une petite rue perpendiculaire à Boundary street. Les prix sont bons marchés et la nourriture excellente. La serveuse, d’origine indienne sourit et remplit avec application nos assiettes, tout va beaucoup moins vite qu’à Melbourne.
Comment en sommes nous arriver la ? Revenons quelques heures en arrière. Nous avons quitté Melbourne à 14h. Une heure à peine avant l’embarquement, Thomas nous accompagne jusqu’à l’aéroport dans son Scoubidou Van. Avec lui, un autre français de la collocation, que nous appellerons x (non pas pour garder son anonymat mais plutôt parce que ma mémoire est défaillante) nous guide. X est censé connaître le chemin, mais après quelques confusions entre un aéroport et une gare, il déclare forfait. Comme à notre habitude, on est parti en retard, d’environ 45mn. A midi, on ne connaissait toujours pas le nom de l’aéroport d’où l’on devait décoller. Finalement, d’un commun accord, on décide de tenter Tullamarine, l’aéroport principal. Le choix s’avèrera judicieux…
Aujourd’hui, on vole avec Virgin Blue, leurs prix sont agressifs et la compagnie cherche à viser un public jeune, en donnant une image branchée rock. En réservant une dizaine de jour à l’avance, on a pu obtenir un aller pour 100$, soit 60€.
Au niveau de la porte 4, on attend patiemment notre tour pour l’enregistrement des bagages. On a bien évidemment du alléger l’ensemble. Entre autre, on a laissé pantalons, chaussures, raquettes de tennis, livres et autres babioles dans l’appartement français le plus connu d’Australie (enfin à ce qu’il paraît). Un allégement d’environ 20 kilos qui nous permet de ne pas dépasser la limite autorisée sur les vols intérieurs. On a bien sur nos chapeaux de cowboy sur le crâne, cela permet d’accentuer le côté touriste du personnage. Le vol dure 2h, toutes les boissons sont payantes, donc on ne boit rien.





Avec le décalage horaire d’une heure entre Brisbane et Melbourne, on pose le pied sur le sol brisbanais aux alentours de 15h. Pour ce faire remarquer, on vient récupérer nos bagages une fois que le personnel a arrêté les tapis roulant, on est donc obligé de faire appel au personnel de l’aéroport. On attrape l’ensemble, on se décore de sacs de randonnées, valise sur roulette, guitare et sac à dos puis on se faufile vers la station de train la plus proche. Le centre ville est situé à 35km au sud ouest de l’aéroport et coûte tout de même 12$ pour un aller simple.
On arrive un peu avant 17h, avec un peu plus de 20 kilos sur le dos, on se dirige vers le sud, en direction de Somewhere To Stay, un backpack où l’on va rester au moins une semaine. Le chemin ne doit prendre qu’une quinzaine de minutes, à pied, si l’on ne fait aucun détour…
Les lieux ressemblent à une veille maison coloniale. C’est un bâtiment du siècle dernier construit sur deux niveaux. Il y a de grandes terrasses en carrelage rouge qui se termine par des barrières en bois blanc et qui délimite l’accès au jardin, situé en contrebas. Au premier étage, quelques balcons longent les chambres. Nous sommes installés dans la chambre 7, une double d’une dizaine de mètres carrés, avec deux lits simples, une étagère et un ventilateur qu’il faudrait faire tourner en permanence. Les douches sont situées au même niveau, à coté des toilettes. En redescendant au rez-de-chaussée, on accède à la cuisine, et une salle de café avec une petite télé, ou se fréquentent quelques tables, un flipper et deux bornes d’arcade des années 80.
A côté de la réception, une salle vidéo a été installée. C’est une grande pièce rectangulaire avec des canapés et des fauteuils disposés au hasard. Un rétroprojecteur diffuse en continue des films ou des émissions en fond de scène. Quelques ordinateurs lui font face de l’autre coté. Dans la pièce d’a coté, il y a aussi un billard dont le feutre est bien trop usé.
Dehors, une piscine est accessible de 9h à 22h. L’ensemble est planté dans un décor tropical, les arbres s’élèvent entre les bâtiments et de nombreuses plantes exotiques y ont trouvé un repère confortable.




Posé sur la terrasse, on détaille une trentaine de prospectus décrivant les activités locales, une chauve souris se pose alors à quelques mètres de nous. Elle doit faire 30 bons centimètres de longueur (et environ 70 cm d’envergure) et ne semble pas effrayer par l’activité environnante. Elle s’accroche tête en bas quelques secondes avant de s’envoler un peu plus loin.
On croise également quelques opposums, une sorte d’écureuil gros comme un gros caniche, un peu peureux et myope comme une taupe. Ses yeux sont globuleux et brillent à la lumière. Ils se balladent de branche en branche et les plus téméraires tentent quelques percées sur la terrasse pour venir chercher la nourriture laissé à l’abandon sur les tables. Une femelle avec son petit accroché sur le ventre nous regardent de leur gros yeux du haut de sa branche, et posent à contre coeur pour une séance photo.
On s’attardera ensuite sur une toile d’araignée géante, située à l’entrée de l’auberge. Elle abrite une cinquantaine de locatrice de la taille d’une balle de tennis.


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