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From Australia...: Apres trois jours de boulot...

From Australia...

dimanche, décembre 25, 2005

Apres trois jours de boulot...

Trois jours plus tard

Tout va bien… Enfin presque. Il nous reste 6 dollars pour tenir jusqu’à mercredi, soit un peu moins d’1 euro par jour.

On vient aussi de passer le réveillon de noël loin des familles, ce qui reste assez déprimant. Quand on y pense, c’est la première fois en 23 ans d’existence que ça m’arrive.

Aujourd’hui, c’est un jour de repos, pour certains qui travaillent comme fruit pickers chevronné, c’est le premier depuis début novembre. En effet, ici, le travail, c’est 7 jours / 7 , on se prépare donc à vivre deux semaines magnifiques, les plus belles depuis notre départ de France.

Cueillir les tomates est plus qu’un travail, c’est une philosophie : c’est tout d’abord accepter de se lever à 3h30 du matin tout les jours de la semaine, avec ou sans le sourire, ça n’a pas grande importance. Le camping est situé à une vingtaine de kilomètre du site, on prévoit donc environ entre 20 et 25 minutes pour s’y rendre. On commence à 5h, mais il semblerait que tout le monde soit sur les lieux 15mn avant, on se félicite d’être arrivé deux fois en retard en trois jours (à 4h55).

Ensuite, c’est se réjouir de rendre inutilisable une paire de chaussure, un t shirt et un pantalon. La terre dans laquelle pousse les tomates, rouge vif, est en effet résistante à toute tentative de nettoyage. Même les ongles des pieds protégé par un couple chaussure plus chaussette se retrouvent attaqués par le misérable terreau.

Enfin, il faut résister à la chaleur, qui devient oppressante dès 9h du matin jusqu’à la fin de la journée. Bien évidemment, on travail en plein soleil, ce qui ne facilite pas les choses. En général, il est conseillé d’emporter entre 4 et 5 litres d’eau pour une journée de travail complète. Le port du chapeau de cowboy est obligatoire, cela à l’avantage de donner un look farmer du far west assez en vogue du coté de childers.

Sur l’échelle des choses ennuyeuses, inintéressante et sans apport réel, je placerais la ceuillette de tomates en haut du tableau par rapport à ce que j’ai déjà vécu. En seconde position, je mettrais la saisie informatique, car on au moins, cela se place dans un bureau climatisé (avec un minimum de chance). Johann, quant à lui, considère le travail à la chaine comme le grand gagnant du concours.

Le déroulement d’une journée est sans grande surprise. On arrive donc à l’aube sur le lieux de travail (le soleil se lève très tot dans la région, à 4h, les gens vivent à l’heure solaire, selon des estimations très pointus, nous avons pu en conclure que le soleil est au zenith aux environ de 11h30), on enfile nos gants (pour officiellement ne pas abimer les tomates, officieusement pour garder les mains « propres »), deux paires l’une sur l’autre, ancien malliot de bain reconvertit en short de fermier, un tshir addidas qui n’a pas survécu à la première journée. On se chausse des chaussures les moins neuves que l’on a pu trouver dans notres sac, on place le chapeau façon aventurier, on attrape la bouteille thermos de 5 litres, on se regarde avec une petite larme de déprime au coin de l’œil, on jette un dernier regard rapide sur les champs environant (avec le soleil levant, on se croirait dans une carte postale de campagne réussie), puis on court rejoindre un des trois groupes déjà en place sur les machines (et oui, nous sommes en retard…). Il y a trois machines différentes, la verte, la rouge et la jaune. Mise à part la couleur, chaque machine à exactement la même fonctionnalitée : permettre d’augmenter la productivité des pauvres backpackers venus ici car ils n’ont plus un sous en poche. Nous sommes affectés sur la machine verte, notre manager est charles, un vieux grincheux d’une bonne cinquantaine d’années, assez grand et maigre. Il porte tous les jours la même tenue, comme l’ensemble des personnes qui travaillent ici, un petit short rougi par la terre et une chemise à manche longue beige. Il a aussi un bob, en laine je crois et il a un visage sévère. En général, je ne préfère pas aller lui parler, en général, je n’aime pas les managers non plus.

Quoi qu’il en soit, on se prend une remarque pour la seconde fois consécutive sur notre heure d’arrivée, on sourit et on attrape un seau (ou bucket) pour commencer le travail. Notre groupe est composé d’une vingtaine de personnes, venu d’un peu partout dans le monde. En général, les gens sont là pour des pèriodes assez courtes allant de quinze jours à un mois et demi. Il y a un australien aux cheveux long et gris qui fait ça depuis 11 ans.

J’en entend déjà dire, « mais à quoi sert cette grosse machine verte d’il y a une dizaine de ligne ? »

Alors voila, le champ de tomate est séparé en plusieurs parcelles, chaque parcelle étant elle-même séparée par 5 rangées de tomates.

La grosse machine verte est comme un tracteur géant, d’une vingtaine de mètre d’envergure. Sa grosse roue centrale, d’un bon mètre cinquante de diamètre environ, se place dans la rangée centrale, les deux roues arrières sont situées sur les deux rangées adjacentes. La cabine de pilotage situé en contrebas est surplombée par une plateforme à environ deux mètre de hauteur. Sur cette plateforme a été installé 5 pistons, permettant de descendre ou monter deux siège par rangée.

Sur chaque rangée, entre trois et quatre pickers sont affectés. Deux s’installe dans les sièges (à hauteur des tomates) et le troisième (et éventuellement le quatrième) reste (nt) derrière. La grosse machine commence alors à avancer lentement le long des rangées. Contradictoirement, les pickers commence à ramasser le plus vite possible toutes les tomates qui sont sur leur passage. Le choix des tomates est laissé à l’appréciation du picker, avec pour consigne selon l’espèce de tomate de ne pas prendre les tomates encore complètement verte. Les personnes en couvertures s’occupent de récupérer les tomates laissé par les personnes localisés sur les machines. Il faut entre 30mn et 1h30 pour compléter une ranger en fonction de la taille et des difficulté rencontrer par le tracteur pour passer les zones boueuses.

Lorsque l’on ramasse les tomates sur la machine, on les place directement sur un tapis roulant qui remonte le long des sièges jusqu’à la plateforme et qui vont être triés par en général une demoiselle un peu moins sale que les autres.

Lorsque le réservoir de tomate arrive à saturation, le tracteur s’arrête, on attend alors l’intervention d’un autre camion sur lequel a été installé de grands réservoirs blanc, les tomates sont transvasées directement dans les récipients.

On change de position entre chaque rangée, c'est-à-dire que l’on passe sur la machine en générale une fois sur deux. On devient ensuite le gars qui marche derrière, qui enlève le chapeau pour s’essuyer le front tous les trente mètres, qui se demande ce qu’il fout là, mais qui continue de se baisser parce qu’il a vu une tomate un peu plus rouge que les autres. Ce type là à un grand seau dans la main, qui peut contenir environ 20 à 25 kilos de tomates. Dès qu’il a finit de le remplir, il se dirige vers les sièges, crie « bucket » très fort pour prévenir qu’il à un sot remplit de tomates dans la main, et qu’il va bientôt le verser sur le tapis roulant, alors qu’il faudrait mieux pour les chanceux qui sont assis pousser leur tête s’il ne veulent pas se prendre 25 kilos de tomates dans la figure.

Je suppose que le cerveau doit avoir un temps d’adaptation avant d’accepter de faire une tache répétitive et non enrichissante. J’espère que ce temps d’adaptation ne dépassera pas les trois jours, car dans ces cas là, on s’emmerde, on s’emmerde, on s’emmerde à mourir. On a bien essayé de jouer au chabada (on donne un mot et on doit trouver le plus de chanson contenant ce mot), mais au bout de 12-4, j’ai abandonné. Pour ceux qui veulent jouer, le mot était « moi ».

Il y a une pause en général aux alentours de 8h, après environ 3h de travail donc. La pause dure 15mn, pas une de plus, et charles n’oublie pas de nous le rappeler pendans notre temps de pause, non mais bordel, il va même me faire chier pendant MON temps de pause !!!

Autre règle importante, on sait quand ça commence, mais on sait jamais quand ça se termine, ça reste tout de même souvent plus tôt que prévu. On aimerait faire dix heures par jours, pour mettre de côté assez rapidement, mais pour l’instant, on tourne plus aux alentours de 5 à 6h de travail quotidien.

Pour une information supplémentaire sur le travail, on a le droit de prendre 6 tomates par jours pour notre consommation personnelle, on va manger des tomates pendant deux semaines…

La sièste est ensuite conseillé, mais pas obligatoire contractuellement, de toute façon, on ne peux pas s’allonger dehors à cause de toutes les fourmis, les araignées et autres espèces provoque des irritations (ça gratte ou ça énerve, oui bien les deux parfois) et il fait trop chaud dans la tente pour y pénétrer avant la tombée de la nuit.















1 Comments:

  • Alors, vous me rejoignez dans le club des gens qui n'aiment pas les tomates maintenant ? Nan parceque là, paye ton indigestion quoi !!!

    By Anonymous Anonyme, at 10/1/06 22:32  

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