Springbrook National Park
Il était une fois Springbrook NP (NP pour national park). Si tout s'était déroulé comme prévu, cela aurait du s'appeler : Il était une fois Lamington National Park. Cependant, nous sommes dépendant des aléas de la route, et de notre sens aigu de l'orientation. Puisque nous n'avons pas réussi à parcourir les 60km qui nous séparent de Lamington, nous avons attéri à Springbrook, un parc naturel réputé pour ses cascades. C'était hier soir, nous avons levé le camp à 21h (heure du queensland) pour se diriger doucement (et surement) en direction de l'ouest, un peu plus dans les terres donc, vers Lamington. Le voyage est censé durer une heure à peine. Donc, 3h plus tard, perdu dans les "montagnes" (les mauvaises), nous grimpons le long des vallées de Springbrook. Techniquement, on a mis trois fois plus de temps que prévu, et on est même pas au bon endroit, tant pis. IZA, notre van, crapahute en seconde et nous monte au sommet, à quelques 1100 m d'altitude. Nous devrions avoir une vue imprenable, en tout cas s'il ne faisait pas nuit.
Pour les plus curieux et ceux qui veulent un peu se la raconter en soirée, Springbrook est situé sur un ancien massif volcanique, en activité il y a plusieurs millions d'années. La rain forest (ou forêt primaire, végétation présente avant la division des continents) entoure l'ensemble des flancs du volcan.
On arrive donc vers minuit bien entamé, disons la demie. On s'installe au parking le plus exposé au vent, pour le plaisir, pour passer la nuit. C'est une nuit noire comme on en voit que rarement, comme quand on s'enferme dans les toilettes et qu'on éteint la lumiere. Il n'y a aucune lumière artificielle visible à l'horizon, l'endroit semble déserté, nous n'avons d'ailleurs croisé qu'une seule voiture sur la dernière heure de route. Pourtant un détail change tout. Lorsque l'on lève les yeux vers le ciel (en ayant pris soin de sortir la tête du van), on est submergé d'étoiles. Même dans un carré ridicule, on n'arrive pas à les compter tellement il y en a, et c'est magnifique. A un moment donné, il faut enlever les lentilles, et tout de suite, tout devient beaucoup plus flou, alors on s'endort pour quelques heures, en espérant ne pas être renversé par la force du vent dehors.
On se réveillera vers 7h, et avant de déjeuner, on ira jeter un coup d'oeil au Best of All Lookout, qui devrait être intéressant s'il porte bien son nom. 500 m à travers la forêt donne accès au point de vue. On culmine à un peu plus de 1000m d'altitude, avec en fond les principales villes de la Gold Coast. En contrebas, l'ancien volcan a été érodé et recouvert par la rainforest. Le coup d'oeil vaut le coup, cela promet pour la suite de la journée. En passant par le centre d'information, on retire une brochure décrivant les meilleurs sentiers de randonnées. Notre choix se porte rapidement sur le parcours n°1, un sentier de 17km de longueur, avec 5 à 6h de marche en prévision, et de nombreuses cascades à photographier.
Pour le fun (et surtout sans la savoir), on le fera à l'envers. Tout débute avec une vue sur les canyon falls, cascade d'une 100aine de mètre situé à un couple de km de là où nous sommes. Puis on s'enfonce rapidement dans la rainforest. La végétation est dense et diversifiée. On croise des arbres millénaires au tronc bien trop gros. Sur leurs grosses branches s'entremèlent des lianes qui descendent jusqu'à nos têtes et nous invite à tester la solidité et l'elasticité de ces dernières. Il y a aussi ces plantes avec de grosses feuilles vertes parsemé d'aiguilles, qui délivrent, selon une petite pancarte, une piqure extrèmement douloureuse, sur ce coup la, on les croit sur paroles et on ne teste rien. Il y a tout un tas d'autres plantes tropicales dont je ne connais pas le nom, mais qui sont quand même très jolies. Au bout de quelques minutes , on fait la connaissance d'un local, un gros lézard noir de 30cm environ (sans la queue). Un peu timide, il nous quitte rapidement.
Les deux heures qui suivent sont une succession de paysages magnifiques, paradisiaques, idylique (en fait; on peut mettre un près n'importe quel superlatif tellement c'est beau).Des cascades aux tailles variables, de quelques mêtre une cinquantaine de mêtre s'offrent à nous, entrecoupé de passage dans la rainforest. Soucieux du décors, et expert qualité à nos heures perdus, on les teste les unes après les autres. On se place en dessous, plus ou moins habillés, pour quelques photos souvenirs. Sous le jet des plus imposantes, restés immobile est une mission quasiment impossible. On retente les pubs obaos, avec le shampoing en moins. Juste au passage, les pierres sont particulièrement glissantes. On s'arrete déjeuner au niveau de la dernière cascade avant le point de rencontre de tous les torrents en contrebas. On a bien évidemment préparé les sandwichs le matin, jambons beurre et filets de dindes. Jo fait sa première rencontre avec une sangsue, et apparemment, ils ne s'apprécient pas trop. Pour information, jo ne s'entend avec aucune petite bête à plus de quatres pattes, que ce soit une espece connue ou inconnue. Je viens de me rendre compte qu’une sangsue n’a pas de pattes, il y a donc des exceptions.
Malgré quelques rétissences, il viendra finalement prendre un bain dans le bassin formé sous la cascade. Il nous reste 10km environ lorsque l'on reprend la route. et en plus d'être un peu plus lourd, on entame notre phase de digestion. En dehors des autres cascades (on devient exigeant), on croisera deux autres iguanes noirs qui n'apprécient pas l'appareil, et un autre iguane vert beaucoup plus photogénique. Le bruit des cigales dans les arbres nous étonnent. Cela est proche du niveau sonore de la boite de nuit locale de Tharon plage, les soirs d'été de 99 (avant que cette dernière soit définitivement fermé). Jo rencontre encore quelques phases difficiles avec ses amis les sangsues, c'est certes moins impressionnant qu'un crocodile mais la lutte reste très belle.
2 km avant l'arrivée, en inspectant mes chaussettes, je me rends compte que j'ai le talon en sang, et cela doit durer depuis un bon moment déjà. Tout la partie arrière est rouge vif, et la zone continue de gagner du terrain (j'essaye de rendre ça un minimum dramatique). Notre trousse de premier secours ne contient que des cachets contre ou pour la constipation, en fonction de l'état, du coup, j'abandonne l'idée de mettre un pansement. Ce qui est le plus gênant pour marcher, ce sont les deux grosses ampoules qui se sont installés sur les talons, et qui m'empêche de décoller le talon du sol, sous peine de frottements douloureux. Dans ces cas là, on comprend mieux l'intérêt d'acheter des chaussettes spéciales randonnées.
De retour au van vers 17h30, on se dépêche de reprendre la route pour rejoindre Natural Bridge pour la tombée de la nuit, soit 40km à parcourir dans les montagnes. Natural bridge est un passage qui s’est creusé sous la roche avec l’érosion. De nuit, plusieurs centaines de vert luisant brillent dans ce tunnel de roches. Le parcours s’étend sur un kilomètre avec le pont naturel en milieu de chemin. On se faufile avec les lampes frontales puis on les éteints avant de rentrer dans la partie souterraine.
Devant nos deux petits yeux ébahis et nos oreilles grandes ouvertes s’offrent le son de la cascade, des centaines de points lumineux et quelques dizaines de touristes japonais (qui s’efforce de ne pas prendre de photos). L’instant est magique, intemporel, et indescriptible. On gardera donc ça pour nous, eheh…




































1 Comments:
Ok j'arrête de parler pour rien dire. Magnifiques vos photos, ça donne envie (et c'est vrai que ça ressemble beaucoup à une pub Tahiti douche)
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Anonyme, at 10/1/06 22:34
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